Tomber pour se relever

Cris du cœur

Je t’aime et je te hais.

Autant j’ai envie de t’embrasser, autant j’ai envie que tu t’en ailles sans te retourner.

Tu as une fille. Une merveilleuse petite fille, que j’aimerais aimer.

Je ne peux pas. Pas tout de suite. Ces choses ça demande du temps.

Je sais qu’elle a besoin d’affection et que je peux lui donner.

Mais pas par la force.

Je hais sa mère car elle ne fait pas son rôle de mère. Aimer son enfant en fait partie. Le cajoler. Le prendre dans ses bras. Lui donner des bisous. Le consoler. L’écouter. Etc.

Alors que selon ta fille, elle l’a tape, fort. Pourquoi ?

Je la hais. Il n’y a rien à en redire. Il n’y a rien à voir plus loin que ses trois mots.

Je comprends que tu veux l’enlever de ce foyer. De sa mère. Crois-moi, je comprends très bien.

Je ne veux pas de mal à cette enfant.

Mais pourquoi a-t-il fallu que ça tombe sur toi, sur moi ? Pourquoi a-t-il fallu que tu sois son père ?

Car cette haine que j’aie en moi, je ne l’aime pas. Je ne l’accepte pas. Je deteste haïr quelqu’un. C’est un côté de ma personnalité que je veux pas.

Je veux retourner en enfance avec mes bisounours.

Je suis égoïste. Méchante. Et pourtant, qu’humaine.

Malgré tout, je vais accepter ta fille. Parce que, malgré tout, elle mérite que je lui donne tout l’amour dont je peux lui donner.

Au diable sa mère ! Je la hais. Elle. Pas sa fille.

Et ni toi, en fin de compte. Il va falloir que j’arrive à ne pas mélanger les deux.

Je vais apprendre à ne plus de détester alors que tu n’y es pour rien.

J’ai entendu vos cris de cœur à toi et à ta fille. Et à ma grande stupéfaction, je n’y suis pas insensible.

Je vous entends et je vais y répondre avec toute la force que j’aie.